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Jun 14 2009 @ 22:14

Au menu : Les perspectives terrains comme outils clés pour améliorer l’agriculture de subsistance

par Sarah Grant, Directrice du secteur Agribusiness - Ghana

«Les producteurs ne tiennent pas de comptes», a expliqué Anokye un employé terrain du Ministère de l’alimentation et de l’agriculture du Ghana (MOFA), un des partenaires de longue date d’ISF.

«Pourquoi pas?» l’ai-je interrogé, en assumant que c’était une seconde nature pour les producteurs de tenir un suivi étroit de leurs dépenses et revenus.

En riant légèrement de ma réaction perplexe, Anyoke m’a répondu « les producteurs tiennent des comptes dans leur tête... c’est trop décourageant pour eux de voir le peu de profit qu’ils font.»

N’importe quel producteur du Canada partagerait l’idée qu’il est important de tenir des comptes afin d’administrer une entreprise rentable. Ce n’est pas l’action de tenir les comptes qui a de la valeur, mais ce qui en résulte—l’analyse méticuleuse des activités du producteur, ce qui mène à des décisions profitables.

Si la tenue de comptes est importante pour les producteurs du Ghana, qu’est-ce que MOFA peut faire pour encourager cette pratique?

Que feriez-vous?

L’action la plus évidente que vous pourriez prendre serait de travailler avec chaque producteur de façon individuelle; vous créeriez un modèle à suivre ensemble et vous l’aideriez à le remplir. S’ils étaient illettrés, vous demanderiez sans doute à leur enfant d’âge scolaire de faire la tenue de compte.

Mais ces actions ne fonctionnent pas.

Selon Anokye, «le Ministère fait la promotion de la tenue de comptes depuis des années, mais les producteurs adhèrent trop lentement à cette pratique».

Contrairement au Ministère dans son ensemble, Anokye a réussi à favoriser ce changement de comportement.

«J’ai essayé plusieurs approches. J’ai donné des exemples de producteurs prospères qui tiennent des comptes. Alors que cette méthode ne fonctionnait pas, je leur ai fait calculer leur profit et leur ai demandé de le comparer avec le profit de la plupart des producteurs de leur région.

Quand cette méthode a échoué, j’ai vraiment commencé à croire que les producteurs ne voyaient aucune valeur dans la tenue de comptes. Mais avec le temps, j’ai compris que les producteurs croyaient que quelque chose de mal allait se produire s’ils rendaient leurs avoirs publics.»

Grâce au travail acharné d’Anokye pour changer cette perception, des douzaines de producteurs du Nord du Ghana connaîtront maintenant une plus grande sécurité et prospérité.

L’histoire d’Anokye met en évidence l’importance d’essayer de multiples approches sur le terrain. Ceci n’est pas suffisamment accentué dans le secteur du développement, là où les projets sont souvent conceptualisés dans des bureaux, loin du terrain, avec des résultats prédéterminés qui sont liés à des contraintes de temps et de fonds.

ISF travaille avec MOFA pour encourager davantage d’expérimentations et d’apprentissages. Cette approche sur le terrain nous permet de véritablement explorer les causes ultimes des problèmes et de trouver des réponses aux types de questionnements qui ont permis à Anokye de créer un changement de comportement positif face à la tenue de comptes.



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