Quoi de neuf chez Ingénieurs sans Frontières
Jul 29 2010 @ 10:42
Lettre d’une volontaire sur le terrain: l'innovation au Burkina Faso
Chaque automne, les agriculteurs avec lesquels je travaille à Dédougou au Burkina Faso veillent jours et nuits à leurs récoltes afin de s’assurer que leurs familles auront suffisamment de nourriture et de revenus pour l’année suivante. En ce moment, c’est la saison des moissons et chaque automne détermine si une famille va prospérer l’année suivante.
En tant qu’ingénieure agronome, je sais que sans une approche commerciale de l’agriculture, la plupart des agriculteurs auront de la difficulté à planifier et analyser leurs récoltes afin d’être sûrs d’en tirer le meilleur profit. Il y a peu de possibilités de bénéficier de ce type de formation ici. Par conséquent, la plupart des agriculteurs ne peuvent pas gagner suffisamment d’argent durant cette importante période afin d’améliorer de manière significative le niveau de vie de leurs familles.
Quand je pense à quel point la formation commerciale pourrait avoir un impact positif sur la vie des agriculteurs, je pense immédiatement à Simon Kadéba. Je l’ai rencontré en novembre dernier lorsque j’ai passé 2 jours avec sa famille afin d’en apprendre davantage sur la saison des récoltes.
Comme presque tous les jours au Burkina Faso, le soleil ardent brillait au dessus de nos têtes. Je marchais aux côtés de Simon à travers sa ferme. Il m’expliquait avec fierté comment ses récoltes étaient de meilleure qualité par rapport à celles de l’année dernière. Et il avait raison ; les végétaux étaient plus grands et avaient l’air plus beau et verdoyant. Simon m’expliquait qu’avec l’aide du crédit du syndicat cette année, il avait pu acheter de l’engrais minéral.
Les revenus provenant des cultures fertiles de sorgho permettent aux enfants de Simon d’aller à l’école et d’accéder à des soins médicaux. Ses revenus lui ont également permis de finaliser la construction de sa maison qu’il avait consciencieusement commencé quelques années auparavant.
Mais le succès des récoltes de sorgho de Simon ne s'est pas produit du jour au lendemain. Pendant un certain temps, j'ai travaillé avec le syndicat des agriculteurs de Simon pour développer 6 programmes de formation afin d'analyser leurs dépenses annuelles, la production céréalière, les ventes, les données de coût et les marges bénéficiaires. Grâce à cette formation commerciale, les agriculteurs peuvent identifier des stratégies pour accroître la productivité de leurs terres, comme l'investissement de Simon dans des engrais appropriés.
« Regarde ma maison », me dit Simon en hochant la tête vers la maison de briques rouges avec un toit de tôle. « Je l'ai construite grâce à la formation et mes céréales. »
Tout en continuant de discuter, Simon et moi sommes passés devant son poulailler. J’ai alors fourré ma tête à l’intérieur pour voir à quoi ça ressemblait. Parmi les poulets, je ne pouvais pas m'empêcher de remarquer que Simon avait construit un abreuvoir à l'aide de bouteilles d'eau installées à l’envers. Cette innovation, aussi simple que cela puisse paraître, permet de s'assurer que la volaille de Guinée de Simon ne va pas périr à cause de la chaleur ou de l'eau contaminée.
De retour à sa maison nouvellement construite, je me suis dit que Simon était un véritable entrepreneur. Avec l'aide de programmes de formation développés par ISF et son syndicat, Simon a choisi d'exploiter sa ferme comme une entreprise rentable.
À l'approche du temps récoltes de cette année, j'ai récemment rendu visite une fois de plus à Simon. Il travaille fort pour s'assurer que sa récolte sera couronnée de succès, et je suis convaincue qu’avec sa formation commerciale et son esprit entrepreneurial inné, la vie de sa famille continuera de s'améliorer.
Rosanne Chabot est une ingénieure agronome et a été outre-mer avec ISF au Burkina Faso depuis 2008.
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