La culture du sorgho en Zambie

La bénévole outre-mer Josephine Tsui travaille présentement avec CARE Zambie, sur un projet pilote de mise en marché du sorgho.

La province de la Zambie du Sud à été touchée par de nombreuses sécheresses, accusant des pertes que l’on estime représenter entre 40 % et 65 % des récoltes de l'année dernière. La grande majorité des habitants de la Zambie vit dans la pauvreté extrême, et presque tous ceux qui vivent avec moins de 1 $ par jour sont des petits exploitants agricoles. Ils comptent sur la récolte annuelle de maïs pour survivre, le produit de première nécessité depuis que le gouvernement Zambien à institué la politique de monoculture dans les années 1960.

Cela a créé de nombreux problèmes pour les agriculteurs zambiens, surtout parce que le maïs est sensible aux pluies et ne pousse pas bien dans des mauvaises conditions de sol. Le coût de l’irrigation excède largement ce que la plupart des agriculteurs peuvent se permettre, surtout parce que le maïs est un récolte qui exige des intrants à prix très élevé tels que les graines, les fertilisants et les pesticides. Au cours des trente dernières années, les sécheresses sont devenues de plus en plus fréquentes et la qualité du sol s'est détériorée, ce qui a causé une baisse marquée de la sécurité alimentaire et créé un besoin pour l'aide alimentaire sur une base annuelle.

CARE travaille à l’introduction du sorgo en tant que culture céréalière de rechange, un grain qui est beaucoup plus résistant à la sécheresse et tout aussi nutritif que le maïs lorsqu’il est transformé en nshima, un aliment local. Le sorgho peut aussi être utilisé pour le bétail et la volaille et il représente un grand potentiel d’exportation vers le pays voisin, le Botswana. Le défi le plus important à relever dans ce projet est l’habitude que les Zambiens ont développé au maïs dans leur alimentation quotidienne, ce qui crée une barrière culturelle pour les autres aliments.

Le rôle d’ISF

Pour aborder ce problème, Josephine travaille avec CARE afin de créer un groupe de petits agriculteurs qui cultiveront le sorgho strictement en tant que culture commerciale. Puisque le sorgho est un aliment essentiel au Botswana et qu’il est aussi utilisé dans d’autres pays comme les États-Unis pour le bétail et la volaille, Josephine explore les nombreuses possibilités d’exportation que cette culture présente. Le sorgho est aussi un excellent substitut dans la préparation d’une bière au maïs très populaire en Zambie. Josephine est certaine que ce groupe d’agriculteurs bénéficiera très bientôt de l’argent rapporté par le sorgho et elle travaille avec les agriculteurs pour leur assurer une entrée réussie sur de nombreux marchés. Finalement, elle espère que les autres agriculteurs verront les bienfaits de la culture du sorgho et songeront à leur tour à adopter cette culture.

À long terme, si les fermiers cultivent le sorgho, ils seront capables de vendre leur récolte pour acheter du maïs et auront alors de la nourriture de secours pendant les années de sécheresse, ce qui contribuera à réduire leur dépendance à l’aide alimentaire et à améliorer la sécurité alimentaire de la Zambie.