Une journée dans la vie d'un volontaire outre-mer
Paul Slomp a passé plus de deux ans en Zambie comme volontaire ISF. Voici le récit d’une journée typique dans sa vie de volontaire outre-mer.
Au lever du soleil
Pendant la saison des pluies
Je me lève à 4 h 45, je m'habille et je roule en vélo sur 2 km jusqu’au champ où je travaille. Je m'occupe alors de mes cultures de maïs, tournesol, millet, cacahuète et soja. À 6 h 15, je retourne à mon village prendre le petit-déjeuner.
Pendant la saison sèche
Le village où je vis se réveille et commence à s'activer. Même si les coqs chantent déjà depuis quelques heures, ce sont les premiers rayons de soleil qui marquent le début de la journée. Les femmes commencent à puiser l'eau et les enfants sortent de leur hutte à la recherche de ce qui constituera leur petit-déjeuner. D'habitude, je me réveille au son des enfants qui jouent ou qui se battent pour du manioc.
Petit-déjeuner
Pendant que j'écoute l’émission de la BBC Afrique sur ondes courtes, je mange mon gruau de maïs, préparé la veille, mélangé avec des bananes et du lait sur (très semblable au yogourt). Puis, je lave rapidement la vaisselle.
Douche
Je puise quinze litres d'eau d'un puits situé à 50 mètres de ma hutte. J'en garde cinq litres pour le repas et la vaisselle du soir et j'utilise le reste pour me laver dans une petite douche fermée par une clôture faite en herbe. Rien ne me réveille autant qu'une bonne douche froide à l'aide d'un sceau!
Vers la ville
Après la douche, je saute sur mon vélo et je pédale les 16 km, majoritairement en montée, qui me séparent de Chipata, la ville où je travaille.
Au travail
À IDE, nous faisons la promotion de systèmes d'irrigation à faible prix pour aider les propriétaires de petites fermes à augmenter leurs revenus. Mon rôle à IDE consiste à mettre sur pied un programme efficace pour atteindre un grand nombre d'agriculteurs et leur donner la possibilité d'améliorer leurs activités de production de légumes, selon le budget établi. J'ai passé la majorité de mon séjour ici à en apprendre davantage sur les intervenants dans la production légumière et à comprendre le rôle que IDE peut jouer pour les amener à travailler ensemble de façon juste et rentable. Voici un aperçu de nos activités quotidiennes :
- Rendre visite aux agriculteurs dans leurs champs pour faire des démonstrations de la pompe à pédale afin de les intéresser à la technologie d'irrigation.
- Apprendre aux agriculteurs à faire l'entretien et la réparation de leurs pompes.
- Apprendre aux utilisateurs de la pompe à pédale à utiliser efficacement leurs intrants, faire la culture de leurs légumes, assurer la gestion de leur entreprise agricole et trouver les marchés pour vendre leurs légumes.
- Rencontrer d'autres organismes non gouvernementaux, des entreprises, des institutions de microfinancement et des ministères gouvernementaux qui oeuvrent dans des secteurs connexes.
- Trouver des fabricants locaux de pompes et assurer leur formation.
- Bâtir et entretenir un réseau d'approvisionnement à faibles coûts pour l'irrigation.
- Fournir des renseignements sur les jardins potagers et les systèmes d'irrigation aux personnes intéressées par le sujet dans nos bureaux.
Déjeuner
Le déjeuner coupe normalement ma journée au bureau en deux. Quand je suis au bureau, je me dirige vers un marché du coin où un restaurateur local me sert de grandes quantités de nourriture pour faire en sorte que je quitte la Zambie bien gras, un signe que la vie aura été bonne pour moi dans son pays. Si je suis sur le terrain, une des familles avec lesquelles nous travaillons nous prépare à manger. Peu importe où je suis, par contre, le déjeuner consiste toujours en un savoureux nshima accompagné d’un ragoût de légumes (et parfois de la viande).
Retour à la maison
Sur le chemin de retour, j'arrête au marché local acheter mon repas du soir et mes bananes pour le petit-déjeuner. Nombreux sont ceux qui vendent les mêmes produits aux mêmes prix, alors j'essaie de choisir un vendeur différent tous les jours. Avec un sac à dos chargé de provisions pour le dîner, je pédale les 14 km qui me séparent de la maison. Si je n'ai pas quitté le bureau trop tard, je rentre chez moi à la lueur d'un coucher de soleil à vous couper le souffle, mais il m'arrive parfois d'avoir à esquiver les roches dans l'obscurité.
Préparation du dîner
De retour dans mon village, je remplis mon blouson avec du charbon de bois et je pars chez un voisin demander quelques charbons brûlants pour allumer mon feu. Après une brève conversation, je rentre chez moi et je prépare du nshima avec du ragoût. Le chef du village avoisinant vient normalement m'apporter du lait. Pendant que je cuisine dehors, dans l'obscurité ou au clair de lune, j'échange des mots avec les passants, je m'amuse avec les enfants du village et j'écoute la radio des Pays-Bas pour savoir ce qui se passe dans le monde.
Dîner
Pendant que je mange, je m'assure d'inviter toute personne qui passe à se joindre à moi, selon la coutume locale. Puis, je lave la vaisselle et je joue de la guitare jusqu'à ce que je sois prêt pour aller au lit.
Au coucher
D’habitude, je me couche entre 20 h et 20 h 30. Je rampe sous mon moustiquaire et je m’endors aux bruits du village : chiens qui se battent, musique forte des radios à batteries, enfants qui jouent.
Fins de semaine
Le samedi, je passe normalement toute la journée dans mon champ ou dans mon jardin. Il y a habituellement beaucoup de travail à faire. Le dimanche, je nettoie ma hutte (étant célibataire, je me contente de faire le ménage une fois par semaine, alors que la plupart des cases dans mon village sont nettoyées tous les jours), je lave mes vêtements, je vais parfois à l'église et je passe le reste de la journée à me reposer en écrivant des lettres, en faisant de la lecture ou en jouant de la guitare.

